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Certes, les Lyonnais se sont fait peur, mercredi soir à Kazan. Mais dans un match décisif et crucial pour l’avenir de leur saison, ils ont dévoilé suffisamment de qualités pour conquérir logiquement un douzième billet consécutif pour la phase de poules de la Ligue des Champions. Il faudra encore compter avec eux cette saison !
Il s’érigeait là le premier test et nulle part ailleurs. A Kazan, l’OL version 2011-2012 allait devoir montrer ce qu’il avait dans le ventre. Tout autant qu’une qualification indispensable à décrocher, c’est sa nature, son pedigree qui passait au révélateur dans cette capitale de la lointaine République du Tatarstan.
Oui, Rémi Garde et son équipe au nouveau schéma, à la nouvelle philosophie, mais aux joueurs identiques, seraient jugés là, sur ce match couperet, cette partie à l’issue sans retour, ce genre de rencontres qui vous déterminent toute une saison. Parce qu’avec ou sans Ligue de Champions, avec ou sans la confiance qui s’y agglomère, c’est tout le contour de la saison qui commence qui s’apprêtait à être redéfini.
Manière
Incontestablement, plus encore qu’à l’issue d’un match aller joliement conclu mais au contexte bien moins piégeux, l’OL, ce mercredi soir, peut se montrer rassuré. Et doublement. La qualification est au bout, la manière aussi. Lloris a dû sortir plusieurs arrêts décisifs ? Oui, mais pas avant la 70e minute (1), à un moment où les Lyonnais commençaient vraisemblablement, et logiquement, à payer leur débauche d’énergie.
Pour le reste, on a eu dû mal à reconnaitre la formation de l’an dernier. Pour qui se souvient des déroutes à Benfica, Schalke et Madrid l’an passé (10 buts encaissés en trois matchs…), l’évolution s’avère assez saisissante. Et peu importe que l’adversaire de ce mercredi ne soit pas du même calibre supposé. Pendant plus d’une heure, l’OL n’a pour ainsi dire jamais été inquiété.
Maîtrise
S’il a subi, par séquences, c’était la conséquence de la volonté de Rémi Garde de jouer bas, pour mieux aspirer Kazan et ses hommes de couloir (2). Ajoutons que dans ces séquences où ils ont subi, les Lyonnais ont « bien » subi : ils n’ont pas concédé d’occasion, donc, et ils n’ont surtout jamais paniqué, cherchant même, le plus souvent, à s’appliquer dans la relance.
Alors que l’arrière-garde olympienne semblait devoir craquer au moindre coup de vent la saison passée (au moins en C1 en tout cas), elle a cette fois semblé sûre de son fait, comme si rien ne pouvait l’égratigner, en sachant qu’au pire, il y a toujours superman dans la cage… En résumé, et c’est nouveau, l’OL a maîtrisé. Cela s’est traduit par une volonté sensible de construire, en partant de l’arrière pour commencer.
Construction
C’est l’une des caractéristiques les plus flagrantes depuis la reprise, Lloris cherche quasiment systématiquement à relancer à la main. Les défenseurs, à leur tour, privilégient la passe courte, vers un milieu ou un joueur de couloir, ces derniers sollicitant ensuite les attaquants, qui, au nombre de deux cette saison, sont d’autant plus faciles à trouver. Mais, des balles longues, peu ou très peu, y compris ce mercredi soir malgré un bloc positionné bas, ou alors presque toujours à bon escient.
On a souvent vu Kallström, Gonalons, voire même Bakary Koné, tenté - et réussir - un crochet pour mieux relancer ensuite. Risqué, certes, mais payant. Ont-ils appris à dribbler avec Rémi Garde ? Certainement pas. Mais, tous, et dans chaque partie du terrain, ont désormais le droit de le faire. Mieux : on parierait qu’ils en ont le devoir (3).
(fin des) Complexes
Cause ou conséquence, ils ont aussi la confiance pour réaliser ces gestes. Il est sans doute là l’apport le plus important de Rémi Garde. L’entraineur olympien a su décomplexer ses joueurs. On l’avait souligné dans ces pages (4), l’OL, cette année, allait devoir faire mieux avec les mêmes joueurs – à un Bakary Koné près, dont le but ne se révèle tout de même pas anodin, en même temps que révélateur de sa bonne intégration.
On ne hurlera pas que la chose est acquise, mais chuchotons au moins qu’elle s’avère en (très) bonne voie. Grâce au 4-4-2, grâce à discours rabâché sur les notions de jeu, de plaisir – qui ne s’apparentait donc pas à de vains mots, Lisandro et ses coéquipiers, individuellement, ne sont plus tout à fait les mêmes, Michel Bastos en étant la transcendante illustration (5).
Le Brésilien a encore incarné, mercredi, les très bonnes dispositions de l'attaque olympienne: percussion, vitesse, technique, prise de risque. Comment ne pas citer également le travail, terriblement précieux, de Bafétimbi Gomis dans la conservation et le jeu en pivot ? A lui, comme à Lisandro (un peu moins en verve hier), il n'aura finalement manqué que l'efficacité - ah, ces face-à-face ratés... Mais les meilleuress, occasions, pendant les trois-quarts du match, ont été lyonnaises.
Et, l'on insiste, à Kazan, c'est bien toute une équipe qui a cherché à aller de l'avant. Jusqu'au bout. Jusqu'à ce corner de la 87e minute. A trois minutes du terme, la qualification en poche, combien d'équipes auraient-elles placer cinq joueurs (!) dans la surface à pareil moment ? Et laissé monter leur défenseur central ? C'est cela aussi, le nouvel OL.
Promesses
En conclusion, il aura manqué vingt minutes aux Gones pour réaliser le match parfait. Seulement, ces vingt minutes là, les vingt dernières, ont bien failli lui coûter très cher. Or, ce money-time, ainsi que cette incroyable habitude à concéder l’ouverture du score depuis le lancement de la saison (6), suffisent immanquablement à ternir les bonnes impressions entrevues et sonnent comme un rappel : non, l’OL n’a pas encore terminé sa mue.
De ce déplacement en pays tatar, les Olympiens ramènent donc un bilan contradictoire : des certitudes mais aussi un certain nombre d’éléments à corriger. Cela représente le lot, finalement, d’un début de saison. Mais les protégés de Rémi Garde reviennent surtout avec une douzième qualification consécutive pour la Ligue des Champions dans leur bagage. C’est bien cela l’essentiel.
L’OL 2011-2012 va désormais pouvoir se bâtir un avenir dans la sérénité, renforcé dans sa conviction que la méthode Garde est la bonne, renforcé financièrement (7) et… renforcé tout court. A l’issue du match, Bernard Lacombe a ainsi affirmé qu’un milieu défensif signerait d’ici le 31 août, accompagné, peut-être, d’une seconde recrue. Au final, c’est avec de bien jolies promesses et quelques… cases en plus que les Lyonnais ont quitté Kazan, mercredi soir.
(1) La 68e, très exactement, au moment où Dyadyun trouvait la barre transversale d’Hugo Lloris.
(2) C’est ce qu’a expliqué l’entraîneur lyonnais, sur Canal+, à l’issue de la rencontre.
(3) Cette affirmation reste dans le domaine de la supposition, mais plusieurs éléments transparaissant des discours de Claude Puel et de Rémi Garde nous laissent fortement penser que le premier limitait la prise de risque quand le second l’encourage.
(4) Lire 2011-2012: une histoire à réécrire
(5) Il convient tout de même de rappeler que Bastos avait déjà réalisé de belles prestations sous le maillot lyonnais par le passé, notamment lors du match aller contre le Real, l’an passé. Mais il ne s’était jamais montré constant à un tel niveau sur cinq matchs d’affilée, comme cela est en train de se produire actuellement.
(6) habitude toutefois contrebalancée par celle de revenir systématiquement au score.
(7) L’OL a engrangé en moyenne 21 millions d’euros par an lors de ces cinq dernières participations à la phase de poules de la Ligue des Champions.
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