Partager l'article ! OL-Real Madrid : de la vie, de l’espoir: Dans un match où ils ont d’abord dominé avant de subir, puis de revenir au score grâce à Gomis a ...
Dans un match où ils ont d’abord dominé avant de subir, puis de revenir au score grâce à Gomis après un but assassin de Benzema, les Lyonnais, avec beaucoup de vie et d’envie, ont maintenu l’espoir avant le match retour à Madrid, le 16 mars.
Petits meurtres entres amis. Que Danny Boyle (1) nous excuse pour le plagiat, mais c’est bien de cela dont il s’agit. Mardi soir, Karim Benzema a en effet prolongé une étonnante série. Après Mathieu Bodmer et Ludovic Giuly, avec le PSG, en Coupe de la Ligue, après François Clerc, avec Nice, en Coupe de France, c’est un autre « ami », un ancien de la maison, qui a porté un coup de poignard à l’OL. Lui sera-t-il fatal, en Ligue des Champions, cette fois ?
En étirant une série, l’ancienne idole de Gerland en aura aussi brisé une autre. Jamais les Olympiens n’avaient encaissé un but du grand Real Madrid à domicile (2). C’est fait, et c’est bien cela, plus que l’identité du buteur, le plus compromettant. Autre statistique qui « tue » : 25%. Ce sont les chances que possèdent les hommes de Puel de se qualifier, désormais (3).
Mais y a-t-il vraiment besoin d’un chiffre pour savoir combien leur tâche sera compliquée sur la pelouse de Bernabeu, dans l’antre d’un coach qui n’a pas perdu à domicile depuis neuf ans (en championnat seulement, mais tout de même) ? Tout le mérite des Lyonnais, en fait, aura été de perpétuer une autre série, mardi soir.
L’OL toujours invaincu face au Real : plus qu’un simple détail
Grâce au but de Bafétimbi Gomis à sept minutes de la fin du temps réglementaire, ils n’ont, en sept rencontres, toujours pas connu la défaite face à l’autoproclamé plus grand club de l’histoire. Cela pourrait ne pas peser bien lourd dans l’issue d’une confrontation en match aller-retour. Pourtant, ce résultat renferme autant d’enseignements que d’espoirs pour la suite de la saison. En résumé, c’est peut-être détail pour vous, mais pour l’OL cela veut dire beaucoup.
Cela veut dire, d’abord, qu’à l’image de leur capitaine, passeur décisif sur l’égalisation, les coéquipiers de Cris n’ont jamais cessé de se battre. Ce Lyon-là, n’est pas devenu le Lyon à réaction que nous avions évoqué (pour en combattre l’idée) après le derby à Saint-Etienne (4). Mardi soir, ce Lyon-là a, simplement, jusqu’au bout, cru en lui. Et en son talent.
Parce que cela veut dire, aussi, et surtout, que les Lyonnais ont du talent. Si l’abnégation demeure une vertu fondamentale dans ce type de rencontre qui semble vous échapper, c’est d’abord par leur talent que les Olympiens ont répondu. Il en fallait beaucoup pour renverser le sort contre une équipe et un entraineur d’une telle envergure, rodés à la préservation d’un résultat.
Le meilleur match de la saison
D’ailleurs, on a eu l’impression, dans ses propos d’après-match, que le « Spécial One » ne s’imaginait pas franchement une égalisation lyonnaise après le but de Benzema. « On était plus proche du 2-0 que du 1-1 », indiqua-t-il en conférence de presse. Orgueilleux comme il est, on parierait même qu’il était convaincu que ça se déroulerait comme cela… jusqu’à la 83e minute. En égalisant, Gomis a aussi mis un coup de griffes dans les certitudes du « Mou ». Psychologiquement, cela peut avoir son importance en vue du match retour.
Au passage, il est curieux – et peut-être pas inintéressant – de constater que si les Gones ne se sont jamais qualifiés, en Ligue des Champions, après avoir concédé un score de 1-1, chez eux, à l’aller (5), c’est la première fois qu’ils obtiennent ce résultat en revenant à la marque, et non, en l’ouvrant. Psychologiquement, là encore, ce n’est sans doute pas anodin avant le déplacement à Madrid.
Pour en revenir au match aller, l’OL a non seulement su contrecarrer les plans de Mourinho, en commençant par contrer l’équipe madrilène sur ses points forts (Ronaldo, Özil, Adebayor et, d’une manière générale, tout le milieu de terrain mis sous l’éteignoir pendant la première mi-temps, au moins), mais il a aussi joué. Et très bien, donc. Mardi soir, les hommes de Puel ont produit leur meilleur match de la saison.
Comme toujours en C1, les erreurs se paient « cash »
Il convient certes de nuancer l’appréciation au regard des deux mi-temps assez distinctes. Les Olympiens, à l’image de César Delgado, ont baissé de pied – assez logiquement après la débauche d’énergie déployée en première période – au retour des vestiaires en même temps que le Real accélérait (les deux phénomènes s’avérant forcément liés).
Mais, ils ont fini fort, plus fort que les Madrilènes. L’égalisation en témoigne, le nombre d’opportunités dans le « money-time » aussi. Ce sont bel et bien 90 minutes pleines qu’ont effectué Jérémy Toulalan et ses partenaires. D’ailleurs, même au cœur de leur « temps faible » du début de deuxième période, ils n’auront concédé des occasions que sur coup de pieds arrêtés (6).
Il aura, en fait, fallu un double exploit d’Özil puis de Benzema sur la même action pour que Lloris, pas franchement verni sur ce coup-là (le ballon venant mourir entre ses jambes), ne s’incline. Il aura aussi fallu, au départ, un ballon bêtement perdu par Toulalan, qui a cherché à relancer à tout prix dans une période où l’OL touchait beaucoup moins de ballons plutôt que d’expédier un bon vieux pointu dans les tribunes.
Les Lyonnais en ont surpris plus d’un. Et pas que les Madrilènes…
Le coup franc concédé à Di Maria, sur lequel Ronaldo a trouvé le poteau, relève de la même cause. Sur l’instant, Bastos a voulu s’appliquer pour repartir de derrière et a tenté le crochet. Il a perdu le ballon, récolté un jaune qui le privera du match retour et failli coûter une ouverture du score plus précoce à son équipe. Les intentions s’avèrent difficilement blâmables dans l’esprit, mais leurs conséquences confirment qu’en Ligue des Champions « la moindre erreur se paie cash »…
Les Lyonnais ont donc encore des progrès à faire. Mais plus guère. La maturité, qui leur a permis de contrôler la première période et de ne pas paniquer en seconde, et les qualités défensives comme offensives dont ils ont fait preuve, matérialisées par une quantité de situations dangereuses lors des 40 premières minutes (7), ont pu en surprendre quelques-uns. Et pas que les Madrilènes.
Beaucoup d’observateurs n’attendaient par les protégés de Puel à ce niveau. Bien sûr, c’est le lot des grands chocs que de transcender les joueurs. Les Olympiens le montrent avec brio, chaque année, quand arrive l’heure des confrontations à élimination directe en C1.
La maturité récompensée
Reste que cette prestation, mardi soir, n’est pas tombée du ciel. Elle s’appuie sur une montée en puissance progressive et inexorable depuis plusieurs mois. Les Gones viennent d’enchainer dix victoires pour une seule défaite en dix-sept journées de championnat et de marquer quatre buts lors des deux dernières.
Sur le terrain, Bafétimbi Gomis n’est plus le même joueur qu’il y a six mois. Dejan Lovren non plus. Sur le banc, l’an passé, à la même époque face au Real, les deux font désormais figure de titulaires à part entière. Cette montée en puissance englobe aussi des joueurs plus confirmés comme Kallström, Réveillère et Cissokho, excellents mardi soir, tandis que Cris et Toulalan reviennent à leur niveau qui en font des cadres depuis longtemps.
On l’a vu face à Nancy, vendredi dernier, on l’a revu face au Real, l’OL peut également compter sur son banc de touche. Jérémy Pied, Jimmy Briand ou Miralem Pjanic ne dépareillent pas (plus). Relever le tout d’un zeste de technique « delgadienne », toujours aussi déroutante, et vous obtenez une équipe complète, sans réel point faible. On aurait juste aimé ajouter un Lisandro en forme au milieu de tout ça, mardi soir, histoire de voir ce que ça aurait donné…
Le plein de certitudes avant le choc à Lille
Reste le cas Gourcuff. Sa progression se révèle plus lente que celle de ses partenaires. Il parait encore manquer d’automatismes, donne parfois l’impression de dédaigner volontairement l’appel d’un coéquipier, de « surjouer ». Mais la classe demeure et les gestes qui vont avec, aussi. On l’a vu à plusieurs reprises, mardi. Surtout, le repositionnement de Puel en 4-2-3-1, depuis trois matchs, semble le libérer chaque minute un peu plus.
A tous les niveaux, petit à petit, le puzzle lyonnais se met donc en place. Pour une équipe comme l’OL, en construction (on l’a déjà assez souligné ici), il fallait simplement du temps. La prestation face au Real, consécutive à deux victoires probantes en championnat, semble signifier l’achèvement de cette période de maturation.
En clair, l’OL ne l’a pas emporté mardi soir, mais il a grandement gagné en certitudes. Celles-ci ne suffiront peut-être pas, dans trois semaines, pour arracher la qualification à Santiago Bernabeu. Mais elles pourraient bien s’avérer cruciales au moment d’entamer le sprint final en championnat. Et ce, dès dimanche soir, à Lille.
Lire aussi: OL-Real Madrid: les joueurs lyonnais
(1) Célèbre réalisateur britannique, auteur notamment de Trainspotting et Slumdog Millionaire. Son dernier film, 127 hours, sort… ce mercredi 23 février dans les salles.
(2) 13 septembre 2005 : OL-Real 3-0 (Carew, Juninho, Wiltord).
13 septembre 2006 : OL-Real 2-0 (Fred, Tiago).
16 février 2010 : OL-Real 1-0 (Makoun).
(3) Statistique L’Equipe (sur 566 précédents en Coupes d’Europe).
(4) Lire « Derby : le plein de confiance dans le Chaudron ».
(5) OL-PSV Eindhoven (2005) : 1-1 ; 1-1 (2-4 aux tab).
OL-Manchester United (2008) : 1-1 ; 0-1.
OL-FC Barcelone (2009) : 1-1 ; 2-5.
(6) Coup franc de Ronaldo sur le poteau (49e), corner dévié par Ramos sur la barre (50e).
(7) Centre raté de Bastos (4e), volée acrobatique de Cris juste à côté (11e), tentative de lob manquée de Gomis (14e), frappe écrasée de Kallström (25e), tir de Gomis dévié à bout portant par Casillas qui venait de relâcher le ballon (34e), frappe de Delgado (39e).
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